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Eric Roux

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Eric Roux
Ministre de L'Eglise de Scientologie, Eric Roux officie principalement au Celebrity Centre de Paris depuis plus de 15 ans. Ce blog est une initiative personnelle destinée aux gens qui s'intéressent à la spiritualité, ou à ceux qui souhaitent en apprendre plus sur la scientologie, à ceux qui pensent que la liberté de conscience est un droit fondamental qui mérite d'être défendu ou encore à ceux qui sont curieux...


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Réflexions


Ce matin je suis tombé par hasard sur un article écrit par une jeune femme bien courageuse. C'est une jeune dame qui fait un tour de France de 3000 kms à pied pour récolter des fonds afin de construire une maternité au Tchad. Dans son article, on apprend qu'elle a fait la visite d'une Eglise de Scientologie en passant à Paris, et elle raconte ses impressions. 

Je vais vous mettre l'extrait de l'article parce que c'est édifiant, mais je vous encourage aussi à aller sur son blog où elle présente son projet. Je pense que tout soutien sera le bienvenu. C'est ici.

Et sinon voici l'extrait :

Mardi : J'ai rencontré un, non, des, scientologues... Ooooh attention ! J'ai mis les pieds dans la secte ! Bouhouuuu ! Je suis entrée dans le coeur de ce qui fait si peur à tant de personnes en France ! Et bien j'ai une chose à vous dire : j'ai plus eu l'impression d'être en plein université qu'autre chose ! Si si je vous assure ! Alors par où commencer ? Par l'étymologie. Le mot scientologie vient du latin « scio » : savoir, au sens le plus complet du terme, et du grec « logos » : étude de. Le but est de résoudre les problèmes relatifs à l'esprit, à la vie et à la pensée. Leurs buts sont « Une civilisation sans folie, sans criminels et sans guerre, dans laquelle les gens capables puissent prospérer et les gens honnêtes puissent avoir des droits, et dans laquelle l'homme soit libre d'atteindre des sommets plus élevés... »

Je suis restée assister à un cours pour « voir ». J'ai choisi celui sur « vaincre les hauts et les bas ». Ils expliquent comment différencier 2 types d'individus : les créatifs des destructifs. Puis les caractéristiques des sociaux et des anti-sociaux en décelant dans l'antisocial celui qui l'est de nature de celui qui l'est parce qu'il est opprimé par celui qui l'est de nature.

Les méthodes appliquées utilisées pour ce cours sont les mêmes méthodes utilisées par les sciences exactes qu'on m'a enseignées à la facultés des sciences humaines de Reims il y a quelques années !

Je ne peux pas tout raconter (je mettrais plus de détails dans le futur livre...) mais je peux vous dire que cela m'a bien plu, que c'était intéressant et qu'il y a beaucoup à apprendre. Ils font également beaucoup d'actions pour aider les plus démunis comme à Haïti par exemple. Pourquoi est-ce que les journaux disent que c'est une secte ? Parce qu'ils vendent des bouquins ? Parce qu'il y a des adhésions ? Si je compare aux autres religions, tous les paroissiens des églises font don de la dîme, le dimanche ou à un autre moment. Si eux sont une secte alors qu'est-ce que les catholiques ? Je n'ai pas vu autant d'or chez eux que j'en ai vu dans le Vatican. Par contre, j'ai vu des gens bien dans leur peau, qui visent à améliorer les conditions de vie des membres de la société et pour ça je trouve leur cause juste et honorable.

En dehors de la scientologie, ils étudient la dianétique. Je ne connaissais pas ce mot mais son contenu, c'est mon dada, ça l'a toujours été depuis des années. C'est la puissance de la pensée sur le corps. Vous voulez des exemples ? J'ai eu un souci avec mon côté maternel, je ne l'ai pas exprimé par ma bouche, alors mon corps a parlé pour moi, et j'ai déclenché des fibromes au sein. Je n'ai pas « digéré » le décès de mon ami Thanh, alors j'ai fait un ulcère à l'estomac, etc ... Tant que l'on a pas compris le lien qu'il y a entre l'esprit et le corps, alors nous nous empêchons d'utiliser pleinement notre potentiel. Et comme disait mon copain Einstein (il est né le 14 mars comme moi), nous n'utilisons que 10% de nos capacités mentales. » C'est exactement ce que la dianétique explique, comment ne plus retomber dans les mêmes schémas. Voilà, c'était pour donner mon avis personnel sur la découverte que j'en ai fait ce jour.

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Un petit hommage à Henri Bergson, dont la pensée vivante et humaine est un bain de jouvence au milieu du combat stérile qui oppose le créationnisme à l'évolutionnisme.


Créationnisme versus évolutionnisme, Bergson et la voie du milieu
Nous assistons aujourd'hui à une sorte de guerre entre les tenants de l'évolutionnisme (1) et les tenants du créationnisme (2). Outre le fait qu'à l'instar de toutes les guerres, celle-ci est inutile, cette stigmatisation des deux courants a tendance à placer le penseur qui existe en chacun de nous dans un camp, ou dans l'autre (quoi qu'il en soit, je n'ai rien contre les créationnistes ni les évolutionnistes)...

N'y a-t-il pas d'alternative ? Dois-je, si je remets en question ne serait-ce qu'un peu l'omnipotence de la théorie darwinienne être taxé de créationniste, et si je doute du dessein divin et de son impact sur la prédestination humaine, dois-je pour autant être considéré comme un évolutionniste ?

Dois-je me regarder dans la glace et me dire "Eric, tu ne crois pas que le destin est écrit... tu dois être un sacré évolutionniste !", ou bien "Eric, toi qui pense que tout ne vient pas des gènes, te voilà embarqué dans le plus pur des créationnismes".

Franchement, c'est bien là une réduction tellement stupide qu'on se demande pourquoi elle fait tant de remous.

Bien entendu, le fait que le corps humain se soit construit selon un schéma génétique qui remonte au plancton, n'exclut absolument pas qu'un autre facteur soit à l'œuvre, celui-là fut-il divin ou spirituel. Et le fait qu'on considère qu'une force, qu'on la nomme Dieu, Saint Esprit, souffle sacré, élan vital ou autre dénomination, existe, n'exclut pas le fait que cette force ait utilisé l'évolution telle que la décrit Darwin pour réaliser ses desseins.

En fait, il y a chez nous, en France, un philosophe qui reste l'un des plus célèbres philosophes français, qui a déjà évoqué ce dilemme au début du siècle dernier. Henri Bergson.

Né en 1859, Bergson fait son entrée en philosophie en plein développement du matérialisme et des courants mécanistes. Il sera un philosophe courageux et nécessaire, finalement en avance sur son temps.
Il était aussi diplomate et fut particulièrement engagé dans la lutte pour la paix dans le monde et l'utilisation de l'éducation comme parade à la nécessité de la guerre.

Alors, que disait Bergson des théories mécanistes et évolutionnistes, et que disait-il des théories finalistes ?

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Le problème de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui fut le motif de la loi de 1905, a aujourd'hui dégénéré en un problème plus profond, celui de la séparation du corps et de l'âme.


Il est de coutume en France aujourd'hui, de séparer les tenants d'un certain rationalisme qui serait issu des Lumières, d'un courant spiritualiste, qui serait soi-disant issu d'un obscurantisme religieux.

En bref, d'un coté la science et les esprits rationalistes, et de l'autre les mystiques et autres irrationnels.

Pourtant, la réalité historique, culturelle et philosophique de notre pays est tout autre.

L'existence de l'âme indépendamment du corps est un phénomène clé qui permet de comprendre les enjeux de la question spirituelle autant que de l'orientation d'une civilisation.

Une civilisation qui considère que l'âme n'existe pas, que l'homme est un accident cellulaire, le produit d'une chimie intrinsèque à la nature, a des orientations absolument différentes de celles d'une civilisation qui reconnait à l'homme son essence spirituelle distincte de la matière.

En général, nos civilisations se trouvent quelque part entre ces deux extrêmes, car les individus qui les composent favorisent chacun l'un ou l'autre aspect qui deviendra proéminent sans être absolu.

La raison pourtant n'a pas toujours été du coté des matérialistes, au contraire. Bien souvent le scientifique se dit cartésien, et confond rationalisme avec matérialisme. Le matérialisme, quoi qu'ayant existé dans le monde depuis des milliers d'années (voir les joutes oratoires entre les différents courants hindouistes bien avant notre ère), a commencé son essor en Europe au 19ème siècle (l'un des plus célèbres matérialistes de cet époque fut Karl Marx).

Descartes, lui, parangon de la rationalité, plaidait sans retenue pour une existence de l'âme distincte de celle du corps. Dans le Discours de la méthode, il écrivait :
"Puis, examinant avec attention ce que j'étais, et voyant que je pouvais feindre que je n'avais aucun corps, et qu'il n'y avait aucun monde ni aucun lieu où je fusse ; mais que je ne pouvais pas feindre pour cela que je n'étais point... Je connus de là que j'étais une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser, et qui pour être n'a besoin d'aucun lieu ni ne dépend d'aucune chose matérielle ; en sorte que ce moi, c'est à dire l'âme, par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement distincte du corps, et même qu'elle est plus aisée à connaître que lui, et qu'encore qu'il ne fût point, elle ne laisserait pas d'être tout ce qu'elle est."

Du coté des lumières, Voltaire lui-même attribuait la cause de la matière à une force non matérielle, une force distincte du corps. Dans une lettre au roi de Prusse (Frédéric II) d'avril 1737, il écrivait :
"Mais quelle sera la raison de l'existence des corps ? Il n'y a certainement que deux façons de concevoir la chose : ou les corps sont tels par leur nature nécessairement, ou ils sont l'ouvrage d'un libre et très libre être suprême. Il n'y a pas un troisième parti à prendre. Mais dans les deux opinions, on a des difficultés bien grandes à résoudre. Quelle sera donc l'opinion que j'embrasserai ? Celle ou j'aurai, de compte fait, moins d'absurdités à dévorer. Or je trouve beaucoup de contradictions, de difficultés, d'embarras dans le système d'existence nécessaire de la matière ; je me range donc à l'opinion de l'existence de l'être suprême, comme la plus vraisemblable et la plus probable... Je la crois cette vérité, mais je la crois comme étant ce qui est le plus vraisemblable ; c'est une lumière qui me frappe à travers mille ténèbres."

Le combat des lumières était un combat contre l'obscurantisme, mais absolument pas un combat contre le spirituel ou le religieux. De la même manière, la laïcité était et doit rester un combat contre une Eglise qui imposerait sa pensée aux citoyens d'un pays, et non un combat contre l'aspect religieux ou spirituel de l'homme.

Certains attribuent les racines philosophiques de la France à la philosophie greco-romaine.

Pythagore, cauchemar ou joie de nos premiers cours de mathématique, considérait l'âme immortelle. Il la disait évoluant d'un corps à un autre, mort après mort, et est l'auteur du célèbre "sema soma" (le corps est le tombeau), signifiant que l'attachement de l'esprit au corps était une prison qui empêchait l'âme de vivre pleinement.

De la même manière, Platon donnait à la philosophie le but ultime de délivrer l'âme de son assujettissement au corps :
"Tant que nous avons un corps, et qu'un mal de cette sorte restera mêlé à la pâte de notre âme, il est impossible que nous possédions jamais en suffisance ce à quoi nous aspirons ; et, nous l'affirmons, ce à quoi nous aspirons, c'est le vrai."

Deux siècles après Jésus-Christ à Rome, le philosophe Plotin déclarait dans la première Ennéade : "Supposons l'âme, comme le veut sa nature, placée dans le corps, soit au dessus de lui, soit en lui ; et formant avec lui tout ce qu'on nomme l'animal. Dans ce cas, l'âme, en se servant du corps comme d'un instrument, n'est pas forcée de participer à ses passions, pas plus que les artisans ne participent à ce qu'éprouvaient les instruments. Quant aux sensations, il est nécessaire qu'elle les perçoive, puisque pour se servir de son instrument, il faut qu'elle connaisse, au moyen de la sensation les modifications que cet instrument peut recevoir du dehors."

Bref, une culture qui n'a cessé de mettre en avant l'existence de l'être en tant qu'entité distincte du corps, et l'existence des corps comme outils, ou tout au plus habitacles.

Si certains ont à juste titre insisté sur l'importance d'avoir un corps en bonne santé pour se permettre une élévation spirituelle (de la même manière que Siddartha Gautama, il y a 2500 ans, découvrit après des années d'ascétisme la vanité de la mortification), l'inversion qui conduisit la vieille Europe (et la France) à considérer les hommes comme des cellules organisées ayant accédé à l'intelligence par hasard ou destin est assez récente. Et ce n'est pas la culture intellectuelle française.

A ce point du raisonnement, certains se demanderont encore le lien entre la laïcité et la séparation de l'âme et du corps. Par delà le jeu de mot facile qui met en balance cette dernière avec la séparation de l'Église et de l'État, il m'a semblé dernièrement que l'évocation par des membres du gouvernement et le chef de l'État de la dimension spirituelle de l'homme a soulevé une indignation (bien souvent feinte) qui n'avait pas lieu d'être.

Évoquer la dimension spirituelle est parfaitement dans la lignée de notre culture fondée sur la raison et totalement dans la tradition philosophique de notre pays.

Imposer une vision religieuse à l'exclusion de toute autre serait liberticide.

Mais imposer une vision non spirituelle est tout aussi liberticide, et est à mon sens une réelle violation des principes fondamentaux de la laïcité. Athées, croyants, matérialistes, spiritualistes et idéalistes doivent tous avoir liberté d'expression et de pensée.

Refuser à un homme public le droit de s'exprimer sur une conception spirituelle de l'homme fait de l'athéisme une religion d'état. Et ça, c'est la mort rapide et définitive de la laïcité, dernier bastion de la liberté de conscience.

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