Eric Roux, Scientologie


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Eric Roux
Eric Roux
Ministre du culte de l'Eglise de Scientology, après plus de 33 années passées dans le clergé de l'Eglise, Eric Roux est aujourd'hui le président de l'Union des Eglises de Scientology de France et Vice Président du Bureau Européen de l'Eglise de Scientology pour les affaires publiques et les droits de l'homme. Il est aussi Président élu du Conseil International de URI (United Religions Initiative) et le Président du European Interreligious Forum for Religious Freedom.
Ce blog est une initiative personnelle destinée aux gens qui s'intéressent à la spiritualité, ou à ceux qui souhaitent en apprendre plus sur la scientology, à ceux qui pensent que la liberté de conscience est un droit fondamental qui mérite d'être défendu, à mes coreligionnaires ou encore à ceux qui sont curieux...










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La Miviludes et ses amis m'étonneront toujours. J'avais occulté une question posée en juillet 2006 à l'Assemblée Nationale par l'un de ses plus fidèles amis, Eric Raoult, question qui dépasse l'étendue de mes pouvoirs de résistance au fou rire. Je vous donne la question :



Texte de la question : Monsieur Éric Raoult attire l’attention de Monsieur le ministre délégué à la Sécurité sociale, aux Personnes âgées, aux Personnes handicapées et à la Famille sur la nécessité de protéger les jeunes et les adolescents des méfaits du "gothique". En effet, la découverte, souvent sur internet, ou dans les cours d’école, de ce qui a pu être caractérisé à raison comme un "fatras romantico-satanique", est un mouvement très en vogue parmi les adolescents. Les adolescents peuvent apporter un soutien important à cette pratique, d’autant plus que les adultes ne le comprennent pas. Il conviendrait donc qu’une campagne de prévention puisse être menée rapidement pour souligner aux jeunes les risques de ce mouvement. Il lui demande donc son avis sur ce dossier.

Et voilà, les "gothiques" sont une secte. Voilà qui est tout à fait dans la mouvance de certains sites antisectes écrits par des catholiques d'un courant on ne peut plus étrange. Ces derniers avaient déjà déclaré que Harry Potter était une secte... Je pensais la Miviludes et le groupe d'étude sur les sectes un tout petit peu au dessus (ou en dessous) de cela, mais non, ils sont en plein dedans.

Heureusement, ma nièce a choisi la tectonik.

La réponse du ministre fut assez intelligente pour expliquer à Monsieur Raoult que la lutte contre les dangers d'internet pour les enfants (sites à caractère pornographique, etc.) était en train d'être traitée par des outils à destination des parents et une campagne de prévention, et ne traita pas l'absurdité de la question.

Encore une fois, la Miviludes oublie la dérive pour s'en prendre au mouvement, qui cette fois n'en est même pas un. Dérive quand tu nous tiens !
Eric Roux
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Liberté de conscience

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Le problème de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui fut le motif de la loi de 1905, a aujourd'hui dégénéré en un problème plus profond, celui de la séparation du corps et de l'âme.


Il est de coutume en France aujourd'hui, de séparer les tenants d'un certain rationalisme qui serait issu des Lumières, d'un courant spiritualiste, qui serait soi-disant issu d'un obscurantisme religieux.

En bref, d'un coté la science et les esprits rationalistes, et de l'autre les mystiques et autres irrationnels.

Pourtant, la réalité historique, culturelle et philosophique de notre pays est tout autre.

L'existence de l'âme indépendamment du corps est un phénomène clé qui permet de comprendre les enjeux de la question spirituelle autant que de l'orientation d'une civilisation.

Une civilisation qui considère que l'âme n'existe pas, que l'homme est un accident cellulaire, le produit d'une chimie intrinsèque à la nature, a des orientations absolument différentes de celles d'une civilisation qui reconnait à l'homme son essence spirituelle distincte de la matière.

En général, nos civilisations se trouvent quelque part entre ces deux extrêmes, car les individus qui les composent favorisent chacun l'un ou l'autre aspect qui deviendra proéminent sans être absolu.

La raison pourtant n'a pas toujours été du coté des matérialistes, au contraire. Bien souvent le scientifique se dit cartésien, et confond rationalisme avec matérialisme. Le matérialisme, quoi qu'ayant existé dans le monde depuis des milliers d'années (voir les joutes oratoires entre les différents courants hindouistes bien avant notre ère), a commencé son essor en Europe au 19ème siècle (l'un des plus célèbres matérialistes de cet époque fut Karl Marx).

Descartes, lui, parangon de la rationalité, plaidait sans retenue pour une existence de l'âme distincte de celle du corps. Dans le Discours de la méthode, il écrivait :
"Puis, examinant avec attention ce que j'étais, et voyant que je pouvais feindre que je n'avais aucun corps, et qu'il n'y avait aucun monde ni aucun lieu où je fusse ; mais que je ne pouvais pas feindre pour cela que je n'étais point... Je connus de là que j'étais une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser, et qui pour être n'a besoin d'aucun lieu ni ne dépend d'aucune chose matérielle ; en sorte que ce moi, c'est à dire l'âme, par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement distincte du corps, et même qu'elle est plus aisée à connaître que lui, et qu'encore qu'il ne fût point, elle ne laisserait pas d'être tout ce qu'elle est."

Du coté des lumières, Voltaire lui-même attribuait la cause de la matière à une force non matérielle, une force distincte du corps. Dans une lettre au roi de Prusse (Frédéric II) d'avril 1737, il écrivait :
"Mais quelle sera la raison de l'existence des corps ? Il n'y a certainement que deux façons de concevoir la chose : ou les corps sont tels par leur nature nécessairement, ou ils sont l'ouvrage d'un libre et très libre être suprême. Il n'y a pas un troisième parti à prendre. Mais dans les deux opinions, on a des difficultés bien grandes à résoudre. Quelle sera donc l'opinion que j'embrasserai ? Celle ou j'aurai, de compte fait, moins d'absurdités à dévorer. Or je trouve beaucoup de contradictions, de difficultés, d'embarras dans le système d'existence nécessaire de la matière ; je me range donc à l'opinion de l'existence de l'être suprême, comme la plus vraisemblable et la plus probable... Je la crois cette vérité, mais je la crois comme étant ce qui est le plus vraisemblable ; c'est une lumière qui me frappe à travers mille ténèbres."

Le combat des lumières était un combat contre l'obscurantisme, mais absolument pas un combat contre le spirituel ou le religieux. De la même manière, la laïcité était et doit rester un combat contre une Eglise qui imposerait sa pensée aux citoyens d'un pays, et non un combat contre l'aspect religieux ou spirituel de l'homme.

Certains attribuent les racines philosophiques de la France à la philosophie greco-romaine.

Pythagore, cauchemar ou joie de nos premiers cours de mathématique, considérait l'âme immortelle. Il la disait évoluant d'un corps à un autre, mort après mort, et est l'auteur du célèbre "sema soma" (le corps est le tombeau), signifiant que l'attachement de l'esprit au corps était une prison qui empêchait l'âme de vivre pleinement.

De la même manière, Platon donnait à la philosophie le but ultime de délivrer l'âme de son assujettissement au corps :
"Tant que nous avons un corps, et qu'un mal de cette sorte restera mêlé à la pâte de notre âme, il est impossible que nous possédions jamais en suffisance ce à quoi nous aspirons ; et, nous l'affirmons, ce à quoi nous aspirons, c'est le vrai."

Deux siècles après Jésus-Christ à Rome, le philosophe Plotin déclarait dans la première Ennéade : "Supposons l'âme, comme le veut sa nature, placée dans le corps, soit au dessus de lui, soit en lui ; et formant avec lui tout ce qu'on nomme l'animal. Dans ce cas, l'âme, en se servant du corps comme d'un instrument, n'est pas forcée de participer à ses passions, pas plus que les artisans ne participent à ce qu'éprouvaient les instruments. Quant aux sensations, il est nécessaire qu'elle les perçoive, puisque pour se servir de son instrument, il faut qu'elle connaisse, au moyen de la sensation les modifications que cet instrument peut recevoir du dehors."

Bref, une culture qui n'a cessé de mettre en avant l'existence de l'être en tant qu'entité distincte du corps, et l'existence des corps comme outils, ou tout au plus habitacles.

Si certains ont à juste titre insisté sur l'importance d'avoir un corps en bonne santé pour se permettre une élévation spirituelle (de la même manière que Siddartha Gautama, il y a 2500 ans, découvrit après des années d'ascétisme la vanité de la mortification), l'inversion qui conduisit la vieille Europe (et la France) à considérer les hommes comme des cellules organisées ayant accédé à l'intelligence par hasard ou destin est assez récente. Et ce n'est pas la culture intellectuelle française.

A ce point du raisonnement, certains se demanderont encore le lien entre la laïcité et la séparation de l'âme et du corps. Par delà le jeu de mot facile qui met en balance cette dernière avec la séparation de l'Église et de l'État, il m'a semblé dernièrement que l'évocation par des membres du gouvernement et le chef de l'État de la dimension spirituelle de l'homme a soulevé une indignation (bien souvent feinte) qui n'avait pas lieu d'être.

Évoquer la dimension spirituelle est parfaitement dans la lignée de notre culture fondée sur la raison et totalement dans la tradition philosophique de notre pays.

Imposer une vision religieuse à l'exclusion de toute autre serait liberticide.

Mais imposer une vision non spirituelle est tout aussi liberticide, et est à mon sens une réelle violation des principes fondamentaux de la laïcité. Athées, croyants, matérialistes, spiritualistes et idéalistes doivent tous avoir libertés d'expression et de pensée.

Refuser à un homme public le droit de s'exprimer sur une conception spirituelle de l'homme fait de l'athéisme une religion d'Etat. Et ça, c'est la mort rapide et définitive de la laïcité, dernier bastion de la liberté de conscience.
Eric Roux


Après la ruée polémique autour des propos d'Emmanuelle Mignon, nous sommes censés avoir bien compris que la dérive sectaire (et non les mouvements) était la véritable cible de nos institutions.
Pourtant subsiste un petit point qui manque de clarté. La dérive sectaire semble signifier qu'un groupe reconnu coupable d'une dérive pourrait être interdit.


Outre le fait qu'aujourd'hui, nombreux sont ceux qui émettent l'idée que le nombre de dérives est si bas que l'existence d'organismes comme la Miviludes ne se justifie pas, pourquoi les minorités spirituelles seraient-elles les seules à faire les frais d'une telle politique ?

Je propose donc qu'on aborde d'autres dérives sous le même angle, avec une même approche anti-dérives.

La dérive bancaire.

Il me semble que la Société Générale devrait être interdite, puisque suite à la dérive d'un jeune trader, elle a perdu 3,3 milliards de dollars. Ce qui correspond à la ruine de nombreuses familles pourtant très riches, comme un calcul simple pourrait nous l'apprendre.

La dérive politique

Eh bien nous devrions interdire le parti socialiste, puisque, par exemple, la cour d'appel de Paris l'a condamné en 2007 à verser quelque 25 000 euros de rappels de salaire et d'indemnités à l'un de ses anciens employés, dont le contrat de travail avait été renouvelé en toute illégalité en octobre 2002.

Puis, pour ne pas faire de jaloux, nous allons interdire l'UMP, puisqu'en 2007, l'un de ses membres a été condamné pour propos homophobes.

Bien entendu, le PCF, le Front National et les autres ont aussi leur lot de dérives, et franchement, les prochaines élections vont avoir un goût de neuf.

La dérive médicale

Combien de médecins condamnés ? Combien de psychiatres condamnés dans l'année. Peut-être un record absolu en termes de dérives... viols, euthanasies, etc.

Donc, interdite la psychiatrie !

La dérive policière, la dérive judiciaire.

Là, je suis bien embêté, parce que malgré Outreau en ce qui concerne la dérive judiciaire, et les derniers écarts de fonctionnaires de Police d'Asnière, je me vois mal interdire la police et la justice, sinon il n'y aura plus personne pour lutter contre les dérives.

Ah, si, la Miviludes, c'est vrai !

Pourtant, même quelques anciens de la Miviludes semblent y voir quelques dérives pointer leur nez.

Nathalie Luca, sociologue au CNRS et membre de la Miviludes jusqu'en 2005 déclarait il y a peu :

"Dans les faits, la Miviludes observe peu de condamnations par la justice, donc peu de dérives avérées. Elle réoriente donc largement son travail sur la prévention.Le problème, c'est qu'il n'est pas sûr qu'elle ait les bons outils pour faire de la prévention, et du coup, cela ressemble parfois un peu trop à des accusations insuffisamment démontrées. Nos voisins européens ont également des structures semblables, mais ils se donnent d'autres moyens pour remplir leurs missions de prévention. En Belgique, en Angleterre ou en Suisse, leurs centres contiennent une grande base de données consultables par tous. Tout ce qui a été fait, écrit ou dit sur un mouvement se retrouve compilé. Du coup, chacun peut se faire son propre avis sur un groupe. Non seulement la Miviludes n'a aucune bibliothèque, mais pendant une période elle n'avait même pas de documentaliste ; je ne sais pas si elle en a une aujourd'hui !"

Bref, la Miviludes dérive, elle aussi...
Eric Roux
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