Les dessous d’un plan psychiatrie Santé mentale

Rédigé par Eric Roux le 12/12/2007 à 18:49 | 12/12/2007

Sous l’égide du Ministère de la Santé, le plan psychiatrie Santé Mentale 2005/2007 se déroule sans accroc pour la modique somme de un milliard 150 millions d’euros. Un plan qui fait frémir même les plus aguerris. Que cache le plan, et qui cache le plan?



La campagne sur la dépression qui sévit actuellement sur les ondes françaises n’est pas sortie de nulle part. J’avais déjà parlé dans un précédent article de son financement par les contribuables par le biais de l’INSEP, des contradictions qui existaient entre les mises en garde du rapport parlementaire du Docteur Zarifan sur les ententes secrètes existant entre les milieux psychiatrique et pharmaceutique et la politique française dans ce domaine, mais aujourd’hui, il me semble avoir suffisamment avancé dans ma recherche d’éléments pour présenter cette campagne sous un jour plus juste.

Cette campagne est savamment orchestrée dans le cadre d’un plan psychiatrie et santé mentale 2005/2007.

Ce plan est placé sous l’égide du ministère de la Santé et d’autres acteurs moins visibles issus des milieux psychiatrique et pharmaceutique.

Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, a présenté un premier bilan du plan le 9 Octobre 2007 face à l’association France-dépression.

Grâce à ce qui s’est dit ce jour-là, je pense que nous allons mieux comprendre la machination à laquelle nous avons affaire.

D’abord, après avoir appris que un Français sur cinq souffrira de dépression, il est intéressant de remarquer que le bilan présente des chiffres d’un sérieux déprimant... D’après ce bilan, les personnes déprimés présentent dix fois plus de risques de suicide que la population non-déprimée.
Outre le fait que nous sommes en face d’un truisme, on oublie de nous préciser le nombre de personnes rentrant dans cette étude qui sont déjà sous l’emprise des anti-dépresseurs, ceux-ci étant comme il a été démontré depuis longtemps, de véritables catalyseurs de pensées suicidaires à la source de nombreux cas de suicides.

Alors qu’en est-il de ces antidépresseurs dont la campagne d’info-dépression fait la publicité avec nos deniers ? Eh bien ils sont le cœur du plan psychiatrie-santé mentale. Pourquoi ? Le bilan présenté par Madame le Ministre répond à votre légitime question.
Je cite : "Entre 1980 et 2001, la vente d’antidépresseurs a été multipliée par plus de 7.
543 millions d’euros en 2001 versus 84 millions d’euros en 1980 (en euros de 2001).
Mais les données de ces dernières années montrent un ralentissement de la progression du marché des antidépresseurs."

Vous avez-là l’objectif du plan, l’objectif de la campagne sur la dépression. Les lobbies pharmaceutique et psychiatrique doivent faire remonter la consommation d’antidépresseurs car leur gagne-pain est en train de diminuer.

Et qui finance leur campagne de promotion ? Encore une fois, vous. Et combien coûte le plan psychiatrie-santé mentale 2005/2007 ? Plus d’un milliard cent cinquante millions d’euros attribués par le Ministère, c’est à dire par les contribuables.

Alors que ces sommes sont ahurissantes, les psychiatres continuent de se plaindre qu’ils n’ont pas de moyens, et justifient leurs échecs par une absence de moyens qui n’existe pas, qui n’a jamais existé.

Puisque vous, en tant que contribuable, financez cette campagne, vous devez absolument savoir ce que vous payez chaque année en faveur des laboratoires pharmaceutiques. Tout d’abord, pour comprendre pourquoi les antidépresseurs ne sont pas interdits en France, alors que leurs effets dévastateurs sont connus partout dans le monde, il faut connaître ce fait : les ressources de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS), dont les études occultent les dangers décriés par les experts du monde entier, proviennent pour 83% de l’industrie pharmaceutique et pour seulement 6,4% de l’État.
En 2003, le Sénat dénonçait le risque de voir les agences devenues au fil des années "les instruments dociles de ceux qui fournissent la majorité de leurs subsides alors qu’elles n’ont pas pour seule vocation de rendre un service aux industriels".

Les antidépresseurs ont été diagnostiqué comme étant la cause nombreux suicides en France et dans le monde entier. Les dernières études ont montré que tous les tueurs en série de ces dernières années étaient sous suivis psychiatriques et consommaient les antidépresseurs prescrits par leurs psychiatres. Ils n’étaient pas des tueurs en série avant leur traitement. Et ce n’est pas par "manque de moyens" qu’ils le sont devenus.

Voilà ce que le contribuable paye.

Notre Ministre de la Santé : docteur en pharmacie de formation.
Madame la Défenseure des Enfants : Ancienne directrice de la communication de Servier, numéro 1 des laboratoires pharmaceutiques Français.

Bien sûr ce plan existait avant l’actuel gouvernement. En fait, les collusions entre l’industrie pharmaceutique et la psychiatrie existent depuis bien plus longtemps. Ce n’est pas par hasard que la consommation d’antidépresseurs a été multipliée par 7 à partir de 1980.

Les Français peuvent encore faire entendre leur voix et écrire aux instances gouvernementales pour exprimer leur mécontentement.

Avant de vous quitter, permettez-moi de vous soumettre un autre aspect du plan psychiatrie-santé mentale tel que présenté par Madame le Ministre dans son bilan (extrait du dossier de presse du Ministère). Saviez-vous qu’en 2003, en France, soixante-six mille personnes ont été internées contre leur gré, et que pour ce faire il a suffi d’une demande d’un tiers acceptée par le directeur de l’établissement psychiatrique ? Plus d’une personne toutes les dix minutes. Qui choisiront-ils la prochaine fois ?
Eric Roux
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